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Posts tagged: Tueuses

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Sheela Na Gig by PJ Harvey from the album: Dry

Puisque désormais je possède Les fiancées du Diable -Enquête sur les femmes terrifiantes- (ce que femme veut… -et je suis diaboliquement rusée), je comprends une chanson de PJ Harvey : Sheela Na Gig.

Camille Laurens, lorsqu’elle s’intéresse aux mères, ne s’attarde pas spécialement sur le cas de Marie dont le travail sera célébré ce week-end, symbole de la mère-vierge, pure, douce et tendre. Car soyons bien clair, c’est une exception.

La figure maternelle, précisément puisqu’elle n’est pas vierge ni pure, est largement controversée et ambivalente dans nombre de cultures.

Lorsque la jeune PJ, à 17 ans, composait cette chanson rageuse aux paroles brutes de décoffrage, elle faisait référence à la divinité celte Sheela Na Nig (ou Gig), qui désigne selon Camille Laurens “une déesse mère dévoreuse” ; en tous cas, une femme dont la simple possibilité d’être mère :

“Look at these my child-bearing hips” et à ses autres attributs féminins non dénués de vigueur et de féminité mêlées,

“Look at these my ruby red ruby lips
Look at these my work strong arms and
You’ve got to see my bottle full of charm”

suffit à effrayer et à repousser l’homme, dans sa peur d’être souillé par la réalité femelle :

“He said “Wash your breasts, I don’t want to be unclean”
He said “Please take those dirty pillows away from me”“

Il lui demande d’aller se laver. Dans la gargouille datant du XIème siècle (située en Irlande) que j’ai choisie pour illustrer la chanson, on voit bien ce qui est exagéré : le sexe de la femme, exhibé comme un trou béant, qui se rapproche donc de la figure de la Méduse au sujet de laquelle Pascal Quignard explique : “Le sexe de la femme est le piège dont la souris est le sexe de l’homme”. Sheela Na Nig, exhibe sa fertilité -la jeune femme de la chanson se fait traiter d’exhibitionniste), mais par ce pouvoir, effraie l’homme.

C’est le talent de PJ Harvey, à dix-sept ans, d’avoir senti cela, cette ambiguité de la féminité et de ce qu’elle suscite de fantasmes chez l’homme, ce dont parle sans détour à peu près tout son premier remarquable album : Dry. (Devinez ce qui est sec ?)

Voilà, c’est décidé, je veux ce livre pour Nowel.
Voici ce qu’en dit Télérama :
“Si l’homme est, dans les cons­ciences et les représentations, « le type humain absolu, essentiel, le sujet en soi », la femme, elle, « est relative, elle n’est con­çue que par rapport à l’homme, en objet dépendant […], elle est l’autre, avec ce que cette altérité suppose d’étrangeté, d’hostilité », note Camille Laurens, en préambule à l’essai pertinent qui court au long des pages de ce beau livre. Lequel, de l’Antiquité à nos jours, puise à l’histoire de l’art une iconographie saisissante, qui vient en appui de l’analyse de l’écrivaine, pour décliner les diverses représentations de la femme comme objet de terreur, de répulsion : Eve tentatrice ou Méduse, sorcière mythologique ou mère dévorante, hyène ou chauve-souris, femelle impure, vénéneuse et vengeresse… La galerie de portraits est spectaculaire, stupéfiante, et l’analyse de Camille Laurens, tout en finesse et en précision, déploie un argumentaire où se mêlent référen­ces mythologiques, littéraires et philosophiques, pour confirmer, avec Freud, que « la femme tout en entier est taboue » et mettre au jour les ressorts de cette malédiction. N.C.”
De quoi donner de la matière neuve à mon blog, pas vrai ?

Voilà, c’est décidé, je veux ce livre pour Nowel.

Voici ce qu’en dit Télérama :

Si l’homme est, dans les cons­ciences et les représentations, « le type humain absolu, essentiel, le sujet en soi », la femme, elle, « est relative, elle n’est con­çue que par rapport à l’homme, en objet dépendant […], elle est l’autre, avec ce que cette altérité suppose d’étrangeté, d’hostilité », note Camille Laurens, en préambule à l’essai pertinent qui court au long des pages de ce beau livre. Lequel, de l’Antiquité à nos jours, puise à l’histoire de l’art une iconographie saisissante, qui vient en appui de l’analyse de l’écrivaine, pour décliner les diverses représentations de la femme comme objet de terreur, de répulsion : Eve tentatrice ou Méduse, sorcière mythologique ou mère dévorante, hyène ou chauve-souris, femelle impure, vénéneuse et vengeresse… La galerie de portraits est spectaculaire, stupéfiante, et l’analyse de Camille Laurens, tout en finesse et en précision, déploie un argumentaire où se mêlent référen­ces mythologiques, littéraires et philosophiques, pour confirmer, avec Freud, que « la femme tout en entier est taboue » et mettre au jour les ressorts de cette malédiction. N.C.”

De quoi donner de la matière neuve à mon blog, pas vrai ?


Journée spéciale “garces”.
Épisode I. On a de la chance de vivre aujourd’hui.
À mon avis, quand en 2009, Kate Atkinson a écrit ce recueil de nouvelles acides, elle avait bien relu son Joyce Carol Oates illustré. J’ai vraiment pensé à l’auteure américaine en lisant celui de l’écossaise, tant ses portraits de femmes sont faits au vitriol, avec ce mélange de bizarre, d’ironie, de cruauté, d’humour et de grotesque flirtant avec le fantastique. Des contes cruels.
J’avais déjà parlé précédemment d’une de ces nouvelles, Je ne suis pas une Joan, particulièrement réussie à mon avis. Mais je n’avais encore tout lu. C’est chose faite. Et j’ai envie de m’attarder sur la nouvelle qui ouvre le recueil, Affaires de coeur, car elle symbolise assez bien le mélange british évoqué par la couverture et l’acidité réelle du livre. 
Le Franklin, pauvre faux héros de cette nouvelle, rencontre Connie, une jeune femme séduisante et lisse (“Connie avait des cheveux bruns raides qui n’avaient jamais l’air de s’emmêler, une haleine légèrement mentholée à toute heure du jour et jouissait d’une carnation sans défaut qui va de pair avec une conscience claire”, et se croit propulsé, tout comme nous, dans un univers à la Jane Austen : un mariage se profile rapidement à l’horizon (““C’est exactement comme dans Jane Austen”, fit Connie” au moment où l’affaire s’enclenche). Franklin se laisse glisser dans sa future famille avec passivité et confiance : “Il nageait dans le marais génétique des Kingshott comme une loutre heureuse caressée par le soleil.” Peu importe si une des soeurs de Connie est étonnamment entreprenante, si la mère semble naviguer sur les remous des effets du Prozac à hautes doses, et si le père se révèle un emmerdeur de première. Il est délicieusement pris au piège… Il épousera Connie et sa famille.
Oui, mais… Les quatre femmes de cette famille révèleront de tout autres projets que l’innocente mascarade matrimoniale… Il y aura un meurtre, façon Cluedo (dans la bibiothèque, avec un couteau). Et Franklin sera tout naturellement le coupable désigné. Les hommes, dans cette sombre histoire, seront les victimes d’un gynécée particulièrement astucieux et dénué de scrupules. Et nous, lecteurs, on s’étranglera en sirotant notre thé, moitié hilares, moitié horrifiés.
Les femmes de Kate Atkinson sont désormais en pleine forme.

Journée spéciale “garces”.

Épisode I. On a de la chance de vivre aujourd’hui.

À mon avis, quand en 2009, Kate Atkinson a écrit ce recueil de nouvelles acides, elle avait bien relu son Joyce Carol Oates illustré. J’ai vraiment pensé à l’auteure américaine en lisant celui de l’écossaise, tant ses portraits de femmes sont faits au vitriol, avec ce mélange de bizarre, d’ironie, de cruauté, d’humour et de grotesque flirtant avec le fantastique. Des contes cruels.

J’avais déjà parlé précédemment d’une de ces nouvelles, Je ne suis pas une Joan, particulièrement réussie à mon avis. Mais je n’avais encore tout lu. C’est chose faite. Et j’ai envie de m’attarder sur la nouvelle qui ouvre le recueil, Affaires de coeur, car elle symbolise assez bien le mélange british évoqué par la couverture et l’acidité réelle du livre. 

Le Franklin, pauvre faux héros de cette nouvelle, rencontre Connie, une jeune femme séduisante et lisse (“Connie avait des cheveux bruns raides qui n’avaient jamais l’air de s’emmêler, une haleine légèrement mentholée à toute heure du jour et jouissait d’une carnation sans défaut qui va de pair avec une conscience claire”, et se croit propulsé, tout comme nous, dans un univers à la Jane Austen : un mariage se profile rapidement à l’horizon (““C’est exactement comme dans Jane Austen”, fit Connie” au moment où l’affaire s’enclenche). Franklin se laisse glisser dans sa future famille avec passivité et confiance : “Il nageait dans le marais génétique des Kingshott comme une loutre heureuse caressée par le soleil.” Peu importe si une des soeurs de Connie est étonnamment entreprenante, si la mère semble naviguer sur les remous des effets du Prozac à hautes doses, et si le père se révèle un emmerdeur de première. Il est délicieusement pris au piège… Il épousera Connie et sa famille.

Oui, mais… Les quatre femmes de cette famille révèleront de tout autres projets que l’innocente mascarade matrimoniale… Il y aura un meurtre, façon Cluedo (dans la bibiothèque, avec un couteau). Et Franklin sera tout naturellement le coupable désigné. Les hommes, dans cette sombre histoire, seront les victimes d’un gynécée particulièrement astucieux et dénué de scrupules. Et nous, lecteurs, on s’étranglera en sirotant notre thé, moitié hilares, moitié horrifiés.

Les femmes de Kate Atkinson sont désormais en pleine forme.