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Voici encore un morceau qui colle très bien avec l’ambiance noire et angoissante des contes d’A. S. Byatt.
Ce sont les islandaises d’Amiina encore, qui ont participé à la BO originale du film Nightmare Revisited.
Extrait d’Une femme de pierre, ce que lui explique le sculpteur islandais :
“L’Islande est un pays où l’on prend les choses très prosaïquement. Nous savons que nous vivons dans un monde d’êtres invisibles qui existe dans le nôtre et autour de lui. Nous faisons des portes dans les rochers pour que les elfes puissent aller et venir. Mais, aussi bien que les choses vivantes sans substance solide, nous savons que les rochers et les pierres ont leurs propres énergies. L’Islande est une contrée jeune, un contrée agitée -dans notre pays le manteau de la terre est modelé à grande vitesse par les bouillonnements des geysers, les éruptions de lave et la progression des glaciers. Nous vivons tels des lichens, accrochés à des pierre qui tiennent debout, qui roulent, qui se soulèvent, qui branlent ou qui volent. Nos contes sont remplis de femmes de pierre qui marchent à grands pas.”
En photographie, un détail d’une espèce de lichen encore inconnue, aperçue chez cocoroachchanel.
Doctor Finkelstein / In the Forest, Amiina
Comme si les 800 pages du Livre des enfants de A. S. Byatt ne me suffisaient pas, j’ai également acheté ses Petits Contes Noirs.
Le format court me permet de rester dans l’univers de cette auteure que je découvre et que j’adore déjà, tout en m’offrant des respirations à la densité de son roman fleuve.
Je n’en ai lu qu’un (je les savoure, comme des gourmandises précieuses), Une femme de pierre, et je l’ai trouvé très beau. On retrouve dans sa narration l’étrangeté limpide des contes de Grimm ou d’Andersen, mais à la manière moderne des contes de Joyce Carol Oates, et dans un style qui m’a fait penser, par sa précision, sa pureté et son érudition à celui de Karen Blixen. Avouez que c’est un cocktail pour le moins prestigieux.
Une jeune femme, suite à un deuil insupportable et à une opération chirurgicale, se métamorphose lentement et en toute conscience en pierre. Elle accepte cette mutation par désespoir et par curiosité, observant ses membres et sa chair se transformer, changer de couleur, de texture et de densité.
Cela l’amène à rencontrer un sculpteur islandais, qui, de par sa culture nourrie de contes de son pays et d’une autre vision des éléments, accueille cette pétrification avec facilité et admiration, ébloui par la beauté du phénomène, habitué à accepter l’irrationnel. C’est en effet grâce aux contes islandais et à la nature même de son pays plein de lichens, de glace et de lave que le destin de cette femme devenant minérale sera scellé.
A. S. Byatt est décidément une conteuse hors pair, à l’imaginaire poétique et à la langue étincelante, pleine de rubis, de pépites et de nuances.

Chronique de ce recueil chez Chronicart ici.
Photographie du dessus sous le copyright de VictoryPix.
Apparemment mes deux vidéos précédentes sont non disponibles, donc j’ai trouvé ça, en compensation…
(Mais le commentaire d’une libraire, toute enthousiaste qu’elle soit, ne peut remplacer les mots de l’auteure…)