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Susan Vance ou l’art de mener la danse.

Dans Bringing up Baby (L’Impossible Monsieur Bébé -1938) d’Howard Hawks, pour qui la comédie n’était que mouvement, Susan Vance, que seule Katharine Hepburn pouvait incarner, court, saute, danse, chante, ment, vole, virevolte, chute, parle à cent à l’heure, détruit tout sur passage, assomme, retombe, le tout, en riant de son rire bien à elle, léger et intérieur  : elle joue. Elle est mue par la seule force de sa volonté, aussi inébranlable que soudaine : épouser David Huxley, qu’elle vient juste de rencontrer. C’est la détermination faite femme, façon turbo. Si elle réclame l’aide d’un homme, c’est pour mieux le prendre dans ses filets ; si elle pleurniche, c’est pour obtenir un pardon improbable. Tout le film montre la force de son désir, de sa volonté, qui sont les seuls qui comptent. Le reste, elle s’en fiche comme d’une guigne. Et nous aussi.

Quand enfin le sérieux David Huxley tombe amoureux d’elle, ça ressemble à une reddition. Il accepte que son monde rigide tombe, s’écroule même, au propre comme au figuré. Il est vaincu par KO.

Signalons qu’un groupe de Poitou-Charentes a pris à notre héroïne son nom pour se baptiser, soutenu par le très pointu CQFD (Ceux Qu’il Faut Découvrir) ; avec des chansons comme Forêt ou Sirène, on peut supposer que l’esprit du feu-follet décrit ci-dessus s’y trouvera.