Voici la ballade traditionnelle irlandaise qui a donné son titre au film.
Ici, chantée par Lisa Gerrard, comme au choeur d’une église, ça fait dresser les poils.
Voici les paroles qui expliquent la problématique ancestrale :
I sat within the valley green, I sat me with my true loveJe me suis assis dans la vallée verte, je me suis assis avec mon véritable amourMy sad heart strove the two between, the old love and the new loveMon cœur triste est tiraillé entre les deux, l’ancien amour et le nouvel amourThe old for her, the new that made me think on Ireland dearlyL’ancien pour elle, le nouveau qui me fait penser très cher à l’IrlandeWhile soft the wind blew down the glen and shook the golden barleyAlors que doucement le vent soufflait dans la vallée et secouait l’orge doré‘Twas hard the woeful words to frame to break the ties that bound usIl fut difficile de formuler les mots douloureux pour briser les liens qui nous liaientBut harder still to bear the shame of foreign chains around usMais encore plus difficile de supporter la honte des chaînes étrangères sur nousAnd so I said, “The mountain glen I’ll seek at morning earlyEt donc j’ai dit, “La vallée montagneuse je chercherai tôt le matinAnd join the bold united men,” while soft winds shake the barleyEt rejoindrai les hardis hommes unis”, alors que des vents doux secouent l’orgeWhile sad I kissed away her tears, my fond arms round her flickingAlors que triste j’embrassais ses larmes, mes bras affectueux autour d’elle tremblotantThe foeman’s shot burst on our ears from out the wildwood ringingDes rafales de tir de l’ennemi sifflant à nos oreilles depuis les boisA bullet pierced my true love’s side in life’s young spring so earlyUne balle transperça mon véritable amour dans le jeune printemps de sa vie, si tôtAnd on my breast in blood she died while soft winds shook the barleyEt sur ma poitrine ensanglantée elle mourut alors que des vents doux secouaient l’orgeI bore her to some mountain stream, and many’s the summer blossomJe l’ai portée à un ruisseau de montagne, où se répandent les fleurs d’étéI placed with branches soft and green about her gore-stained bosomJ’ai placé des branches douces et vertes sur sa poitrine tachée de sangI wept and kissed her clay-cold corpse then rushed o’er vale and valleyJ’ai pleuré et embrassé son corps froid comme l’argile puis rué par monts et par vauxMy vengeance on the foe to wreak while soft wind shook the barleyMa vengeance contre l’ennemi à détruire alors que des vents doux secouaient l’orgeBut blood for blood without remorse I’ve taken at Oulart HollowMais le sang pour le sang sans remords j’ai pris à Oulart HollowAnd laid my true love’s clay cold corpse where I full soon may followEt couché le corps froid comme l’argile de mon véritable amour que je pourrais suivre très prochainementAs round her grave I wander drear, noon, night and morning earlyAutour de sa tombe j’erre morne, à midi, la nuit et tôt le matinWith breaking heart when e’er I hear the wind that shakes the barley.Avec le cœur brisé dès que j’entends le vent qui secoue l’orge.
(Source: Spotify)
Hasards du Dashboard…
(Il faudrait que je relise mon souvenir est plus que confus)
Philip Cheaney (cover art), Dubliners
My all-time favorite collection of short stories—The Dubliners by James Joyce.
(via book-coverage)
L’autre soir j’ai regardé la Palme d’or de 2006, Le vent se lève, non pas en écho au festival de Cannes dont je me moque éperdument, mais parce que vous l’aurez compris si vous me suivez récemment, je suis actuellement plongée dans l’univers de William Trevor, grand auteur irlandais.
En ce moment, je lis Coups du sort :

Et ce qui n’était qu’une toile de fond (les guerres intestines entre anglais et irlandais) dans les précédents romans que j’ai lus, prend ici une place considérable. Je ne comprenais pas qui étaient les Black and Tans, etc…
Alors, j’ai eu recours au film de Ken Loach. Moment éprouvant. Son film a donc remporté un des prix les plus prestigieux pour le cinéma. Je comprends qu’on ait été frappé par ce film, qui pose des questions cruciales : jusqu’où s’engager pour une cause que l’on croit juste, mourir pour des idées pures ou vivre avec des compromis, rester fidèle aux idées ou aux siens… De plus, le film est remarquablement réalisé, sa structure mène les deux frères au déchirement, comme dans les plus poignantes tragédies raciniennes. L’acteur principal, Cillian Murphy est touchant. Un visage d’ange (je comprends l’engouement des midinettes) mis au service d’une idéologie d’acier : le contraste bouleverse.
Cependant. Le film a les défauts de ses qualités : rigoureux, avançant tel un rouleau-compresseur sur le spectateur, il écrase tout libre-arbitre de celui-ci. On est pris au piège de l’émotion, des scènes parfois difficilement soutenables de tortures ou d’exécutions. Le didactisme et le manichéisme de l’ensemble, ceux-là mêmes qui en font une machine imparable, m’ont un peu étouffée. Et du coup, je me suis rebellée, intérieurement, inconsciemment. L’émotion, finalement, n’a pas jailli comme elle était sommée de le faire.
C’est un film puissant, bien joué, qui pose de grandes et belles questions, mais c’est pour moi un film verrouillé, où tout est piloté de manière un peu trop carrée. Et les beaux yeux doux de Damien ne m’ont pas suffi.
Décidément, voilà qui est bien joli.
J’aime beaucoup cette chanson toute de cordes vêtue.
(Source: Spotify)